De déserts en oasis

l’Iran de l’Est, du Khorassan au Golfe Persique
Iran – La citadelle de Bam – © mathess/iStock/Thinkstock

Les îles de Qeshm et de Hormouz à l’entrée du Golfe Persique
Éloignées des centres culturels de référence « occidentaux » de l’Iran que furent la Mésopotamie et les contreforts externes ou internes des Zagros (la Perside), les régions orientales, en grande partie constituées de déserts ont toujours été la liaison entre le monde iranien et le monde centre-asiatique ou le monde indien. Le Khorasan en particulier a été un foyer d’intense activité intellectuelle et culturelle dès le Néolithique, les conditions géomorphologiques et climatiques y ayant permis le développement de l’agriculture très tôt, donc la sédentarisation, tout en étant situé le long d’une grande voie de migrations de l’Asie centrale vers le plateau iranien. Tremplin des Parthes pour leur conquête de l’Iran, il fut aussi celui des Arabes pour leur conquête de l’Asie centrale. Villes et forteresses s’y développèrent qui furent autant de lieux de rencontres entre marchands, mais aussi entre princes-mécènes, artistes, poètes, savants et soufis. Nishâpour rivalisait avec Baghdâd, Boukhara et Samarqand lorsqu’y brillaient des étoiles telles que Ferdowsi, poète et grammairien auteur du Livre des Rois, Omar Khayyam, mathématicien et poète, Nasir ud-Din Tûsi, mathématicien, astronome, théoricien politique et théologien. A l’autre extrémité, le Golfe persique est une des régions hautement stratégique de nos jours, mais elle le fut dès l’Antiquité, et si aujourd’hui le « Golfe » est connu pour ses émirats ultra-modernes de Dubaï, Abu Dhabi, etc, il l’est beaucoup moins pour sa côte Nord et ses îles qui furent convoitées par les Parthes et les Sassanides, certes, mais plus près de nous par les Portugais, les Hollandais, les Danois et bien sûr les Anglais. La région de Bandar-e ‘Abbas fut aussi, en son temps, habitée par quelques communautés de commerçants hindous qui ont laissé quelques traces de leur présence, tout comme les populations africaines, issues d’esclaves capturés par les Arabes sur les côtes d’Afrique de l’Est. Quant à l’île de Qeshm, elle abrite une vaste mangrove et une encore plus vaste réserve naturelle (GéoParc) où sont protégés des reliefs calcaires étonnants et une riche biodiversité. L’Iran du Khorasan, l’Iran du Golfe persique, deux visions de l’Iran dit « périphérique », avec leurs spécificités, leurs nombreux points d’intérêts et des paysages variés et très différents de ceux traversés dans les autres régions d’Iran.

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