Persépolis

Capitale des Achéménides

Le trésor de la Perse

Durant l’été 331 avant notre ère, après avoir vaincu le Roi des rois Darius III à la bataille de Gaugamèles, Alexandre le Grand s’empara de Babylone, puis de Suse. Il arriva face à Persépolis dans les premiers jours de 330. Il ne dut pas combattre, la cité lui fut livrée par le Perse Tiridatès, le gardien du trésor. Mais le terme de cité ne convient peut-être pas pour décrire Persépolis. Temple dynastique des Achéménides et cœur prestigieux de l’empire, Persépolis en était avant tout le centre administratif et financier, là où étaient entreposés les tributs versés par tous les peuples soumis, et il n’y avait de véritable ville qu’à l’extérieur de l’enceinte, où logeait le nombreux personnel affecté aux tâches administratives. Certains ont d’ailleurs comparé Persépolis à fort Knox ! Plutarque nous affirme qu’il fallut 10 000 mules et 5 000 chameaux pour en emporter les trésors.

Un immense ensemble : administration, finances, célébrations

Mais après s’être emparé des richesses de Persépolis et avoir sacrifié aux dieux, Alexandre, en compagnie de ses généraux, fit un grand banquet où le vin coulait à flot. Thaïs, la belle courtisane grecque, suggéra-t-elle alors d’achever la fête par une grande procession triomphale où, au son des flûtes, danseuses et musiciennes bouteraient le feu au palais, vengeant ainsi l’incendie de l’Acropole par Xerxès un siècle et demi plus tôt ? Les auteurs anciens divergent à ce sujet et les fouilles archéologiques n’ont pas encore permit de trancher la question.

Mais l’essentiel des constructions était en pierre et le site de Persépolis reste aujourd’hui particulièrement impressionnant. Par un majestueux escalier et une allée flanquée de hautes colonnes aux gigantesques chapiteaux composites et de lions ailés à tête humaine, on accède à une vaste terrasse de plus de 13 hectares où s’élèvent l’Apadana de Darius, qui pouvait recevoir 10 000 personnes, et la “ salle aux cent colonnes “ de Xerxès, aux chapiteaux ornés de taureaux bicéphales. Plus loin, en contrebas, se trouvent des quartiers de résidence pour les souverains, le harem et les salles du trésor auxquelles on n’accédait que par une unique porte étroite. Dans la falaise qui domine le site ont été creusées la tombe rupestre d’Artaxerxès III et la sépulture inachevée de Darius III.

Des bas-reliefs saisissants

Mais le plus remarquable spectacle qui soit donné à voir à Persépolis est la frise en bas-relief de la terrasse et des escaliers de l’Apadana qui représente les émissaires apportant les contributions des peuples tributaires. Représentés avec un art et un réalisme stupéfiant, la diversité de leurs tenues vestimentaires, la variété des offrandes –  chameaux, moutons, taureaux, coffres débordant de pierres précieuses, or et encens, peaux d’animaux, œufs d’autruche, etc. – nous transporte en un instant 2 500 ans dans le passé, et l’on croit entendre encore résonner la voix puissante de Darius proclamant :

“Je suis Darius, le grand Roi, le Roi des rois, le Roi de nombreuses contrées, le fils d’Hystaspe, un Achéménide. Ainsi dit Darius le Roi : par la faveur d’Ahura Mazda, avec le peuple perse, j’ai pris possession de ces pays qui ont pris peur de moi et m’ont apporté le tribut : Elam, Médie, Babylonie, Arabie, Assyrie, Egypte, Arménie, Cappodoce, Sardes, Ioniens qui sont sur le continent et ceux qui sont sur le bord de la mer et les pays qui sont au-delà de la mer, Sagartie, Parthie, Drangiane, Arie, Bactriane, Sogdiane, Chorasmie, Sattagydie, Arachosie, Sind, Gandara, Scythes, Maka…”

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